Suite à la diminution considérable du budget de la CENA, les agents recenseurs menacent de confisquer les fichiers électoraux, s’ils ne sont pas payés à juste valeur. Outre les nombreuses difficultés que connaît le recensement électoral, le scrutin présidentiel de Mars prochain risque de ne pas avoir lieu selon les menaces que profèrent ces agents. En effet, estimé à 11 milliards ,ce budget est finalement arrêté à 6,5 milliards ce qui peut compromettre la rémunération des recenseurs qui exigent déjà des avances pour leur rude service.
Depuis six jours , les agents recenseurs ne sont pas encore fixés sur leur rémunération. Econduits éperdument à postuler à ce recrutement à cause du chômage aigu, ces jeunes se référent toujours aux rémunérations antérieures s’estimant à 3000 FCFA. Mais les difficultés financières que rencontre la CENA actuelle ne leur rassure guère. Mieux, le silence persistant de leurs employeurs sur la fixation de leur rémunération les inquiète sérieusement : «on ne nous a rien dit par rapport à notre rémunération pour ce travail .On espérait des avances pour assurer au moins les frais de déplacements mais depuis 5 jours, la question de rémunération demeure un tabou », exprimait avec désolation un agent recenseur en poste dans l’arrondissement de Missèbo. « Ce qui est sûr, s’ils ne donnent pas l’intégralité de notre argent jusqu’au dernier jour du recensement électoral prévu pour le 6 février prochain, nous n’allons pas remettre les derniers fichiers électoraux »,renchérit le président du poste de recensement. Selon l’aveu de ces agents le matériel du travail fait défaut. Aussi ont-ils marre d’utiliser leurs propres bics, crayons, règles et autres instruments nécessaires pour bien exécuter leur travail. Par ailleurs, les structures de démembrement de la CENA au niveau local ne mettent pas à leur dispositions assez de cartes et de fichiers électoraux, faute d’une prévision des besoins journaliers. En conséquence, les agents recenseurs sont obligés de se rendre dans les mairies ou aux siège des arrondissements pour s’approvisionner à leur propre frais, les frais de déplacement n’étant pas encore couverts par la CENA. La révision à la baisse du budget de la CENA constitue la goutte d’eau qui va déborder le vase après 5 jours de résignation : « Qu’on ne sacrifie pas nos intérêts sous de fallacieux prétextes entretenus par une bande de parasites », clamait le président d’un autre poste de recensement très indigné de l’attitude du gouvernement face au financement du scrutin de mars prochain. Néanmoins, malgré toutes ces difficultés le recensement va bon train à Cotonou. Les populations sont plus ou moins conscientes de leur devoir citoyen et se font inscrire sur les listes électorales. Déjà, à plus d’une semaine avant la fin de l’opération de recensement, certains postes de recensements ont déjà enregistré plus de la moitié des électeurs attendus. La question du témoignage de chef de quartier demeure tout de même préoccupante car dans certains postes, ce sont des jeunes qui connaissent à peine les résidents du quartier qui représentent les chefs
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